À propos

Démarche

Ajourées et connectées, les œuvres de Florence Régnier se construisent en cherchant le jour. Largement imprégnée des enseignements du peintre Lim Choon Jin et de ses propres étapes de vie en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, l’artiste active les matériaux cherchant à donner forme à une cosmologie, mobile et fine. Elle emploie le maillage de fibres brutes, de kozo ou autres pulpes de papier, la technique du Néphilart®*, l’encre, aussi. Elle conçoit des installations, tableaux textiles, dessins, peintures et sérigraphies où l’intersection et le tracé des éléments, révèlent leur complexité. A la fois sujet et outil de transmission, la matière lui permet de tramer ce qu’elle appelle « paysage expérimental ».

L’artiste s’inspire de la nature au sens chinois du terme, c’est-à-dire un ensemble de deux éléments distincts : la terre et le ciel. Elle révèle, dans la masse des formes naturelles, sa conception d’une beauté essentielle du monde végétal, minéral et animal. Sa pratique est une écologie des matériaux, ne laissant aucune place aux rebus de fibres et investissant pleinement une quête supérieure, proche d’une forme de spiritualité.

L’artiste compose avec les entrelacs, devenus évocations de liens entre individus, apprentissages, écritures et cultures. Elle fait de l’évolution, des connexions et de la circulation, des éléments primordiaux de sa pratique.

*Néphilart fait référence à une pratique brevetée par l’artiste, technique intuitive et libre de travail du fil, donnant naissance à un matériau complexe et mobile, trame essentielle des installations, tableaux textiles et sculptures de l’artiste.

Florence Régnier, Foehn, Technique mixte sur feuille de papier en pulpe de kozo réalisée par l’artiste, 2024

« Florence Régnier arpente l’ossature des éléments, fascinée par les creux et enchevêtrements. Ainsi, naturellement, le tissage, le fil et la tapisserie sont autant d’éléments pour dire la mesure, le rythme, et l’unité, tout.

Agitant fibre de papier, ou textile, elle considère ses mailles comme un corps sculpté, déployé en tableaux, dessins, peintures et installations, jouant subtilement de ses influences, nourries du Myanmar, du Japon, mais aussi des Émirats, du Maroc, du Chili et de l’Australie.

Son œuvre tout  entière est corps politique et corps savant, dans un être organique, d’intuitions et de variations. »

Domitille Bertrand,

Galeriste et Commissaire d’exposition

Florence Régnier, Foehn, Technique mixte sur feuille de papier en pulpe de kozo réalisée par l’artiste, 2024

Biographie

Née au Maroc, FR a vécu en Afrique, au Moyen-orient et en Asie. Elle vit et travaille en France. Elle a aussi cheminé au Chili, en Australie, en Afrique du Sud, au Japon, au Myanmar et en Inde.

L’artiste conduit une démarche de plasticienne nourrie de ses différents déplacements et recherches de matières. Elle s’initie très jeune à la tapisserie, obtient une Maîtrise en Arts Plastiques à l’université de Paris 8 en 1991.

En parallèle, elle se forme à l’aquarelle et à la peinture chinoise. Plus tard, tout en ayant engagé sa pratique artistique, elle se forme à la Manufacture des Gobelins et l’Ecole Boulle à Paris, en peinture à Singapour auprès de l’artiste Lim Choon Jin, qui marque profondément son lien à la lumière, également à la calligraphie avec le Maître Juay Phing Lim, à la sérigraphie aux Beaux-Arts de Pau et aux arts textiles avec Louise Lemieux Bérubé lors d’une résidence d’un an au Centre des Textiles contemporain de Montréal.

Florence Régnier participe à de nombreuses expositions au Maroc, en France, au Canada, aux Émirats Arabes Unis, en Angola, à Singapour.

En 2006, elle réalise sa première exposition solo à la Fondation Culturelle d’Abu Dhabi, qui sera suivie de plusieurs autres parmi lesquelles celle du Centre des Arts Holistiques à Paris ou de la galerie Celamar à Luanda en 2014. Ainsi, elle a également exposé en collectif, notamment au Salon de Montrouge, à la Galerie Intersections à Singapour, à la Villa du parc de Ducontenia ou encore à la Galerie Omnibus de Tarbes ou dans la chapelle Saint-André du Château de Corbelin.

Ses œuvres s’exposent, qu’elles soient textiles, sculptures, installations, tableaux ou trames et pulpes de papier. Son travail a été récemment présenté au Musée Jean Lurçat de la tapisserie contemporaine à Angers.